Chaque jour c’est le même rituel. Beaucoup d’effort, beaucoup de réflexions, rien fait.
On se réveille au matin, à peu prés 8:30 h. En asseyant sur le lit, tout de suite le poids du monde tombe sur l’épaule. D’abord, le mal au dos doit être combattu par l’exercice, donc voilà le chômeur en train de faire de la gym en étirant les muscles, en serrant les dents. Une fois, pause, deux fois, pause, trois fois, pause, et ainsi de suite. De temps en temps, si elle n’est pas pressée, Eli m’aide en faisant des soutiens et en me donnant des bisous, si tendres.
Ensuite on va préparer le petit déjeuner, en regardant en travers de la fenêtre. Il y a la brume. L’avenir, si vous en préférez: si diffuse, si loin. On prend le lait et les céréales, elle part à la fac, je reste et je cherche des offres d’emploi. Il en y a une ou deux, soit d’informatique, soit de quelque autre métier dans laquelle on accepte des débutants. Soigneusement j’écris des lettres de motivations différentes, bon, c’est vrai, sur deux modèles que je change quand il faut le faire. J’y postule sur l’internet, si on ne peut pas le faire autrement. D’ailleurs, on vérifie des différents affaires, tantôt du email, tantôt des sites web. Il est presque 12h, et mon rendez-vous avec Eli il est à 12h, au RestoU, à 20 minutes à pied, en conséquence j’y cours.
La queue, toujours la même salade, les mêmes frites ou légumes. On déjeune. Ça va?, ouais, ça va, comment a-t-il allé, ton jour?, bien, fatigué, tu a trouvé quelque offre intéressante? Mmm ouais, mais personne m’a répondu, personne m’a appellé. Il faut patienter. Ouais.
On sépare. Car normalement je ne doit pas faire autre chose, on va parfois à la médiathèque où je déniche les mangas et les BD. Je lis pendant un pair d’heures si peinard, enfermé en les histoires, complètement hébété. Je reluque celui-ci ou celui-là, peu importe. C’est alors que je me sens en vie, et à ce moment je voudrais devenir écrivain de BD. Mais à cause des remords, on va chez moi à plus ou moins 16h.
Pendant le chemin de retour, les détails de la rue attirent mon regarde: le vent, le couleur des arbres, les bâtiments anciens…
Cependant ce que m’entichent ils sont les gens. Dans leurs visages je trouve les miroirs de mes états d’esprit et leur reflet frappe mon caméra et ma mémoire. C’est alors que j’aimerais bien devenir photographe, et je pense des livres que j’ai besoin de lire et des photographies que je veux contempler. Toutefois, à présent, c’est à la prise des images:
Et je suis rentré chez moi, apprivoisé, en ayant égratignures grâce au froid. Le mal au dos se personnifie, elle me prend par la taille et elle m’accompagne jusqu’une chaise, ou bien dans l’intention de essayer de développer un peu plus mon CMS, ou bien pour que j’étudie un peu de français pour l’examen B2, mais c’est assez dur se concentrer ici: toutes les idées sales et mélangées. Il n’y a pas beaucoup d’argent. Il faut réussir un travail. Dans le supermarché, on achète toujours des trucs moins chers, et on laisse des autres que nous en avons envie. On écoute un peu la radio en français. Le bruit auditif s’ajoute au bruit mental.
Au soir tout le monde arrive à l’appartement, on dîne ensemble, peut être on joue un peu au MauMau (chinchón, à Grenade), et ensuite je lis des BD tirés de la médiathèque ou de manga en ligne, ou bien j’appelle mes parents ou ma soeur, ou bien je regarde l’email, mon facebook ou quelque chose comme cela.
Rien fait. Personne ne m’a appelé.
Et avant dormir, à ces heures-là, je pense que je suis devenu Paúl, le chômeur Erasmus.













